Le temps est paisible, les voiles de Skeaf à peine gonflées l’emmènent à une allure modeste, 3 nœuds… Il ne faut pas être pressé, mais ça tombe bien, on ne l’est pas!!! Ce n’est pas aujourd’hui qu’on fera notre record de vitesse, par contre c’est l’allure idéale pour traîner une ligne de pêche! Maquereaux, attention à vous, vous êtes notre cible de la journée! Et j’en connais qui vont être contents. A l’annonce « qui veut pêcher », on ne reste jamais longtemps seuls! Rapidement les explications sont faites, et commence le jeu de patience. Certains, au bout de 10 minutes, abandonnent cette affaire pour une autre activité plus à leur goût. D’autres y passent des heures.

Et l’engouement de tous reprend dès qu’un poisson argenté est remonté sur le pont. Certains poissons, pas vraiment fameux dans l’assiette, sont remis à l’eau aussitôt. Comme ces aiguillettes, effilées comme des anguilles,  avec un drôle de nez pointu. Et puis les trop petits, ou les espèces protégées (il est très rare d’en pêcher). Mais les maquereaux, c’est au menu du soir! Par contre à bord de Skeaf, on a une devise : qui pêche cuisine. Les volontaires apprennent à vider le poisson, et on commence à réfléchir à la recette. Si on a seulement quelques poissons, on fera des rillettes.. Par contre si on en a assez, on les fera au four! Avec de la moutarde?

16h, nous voilà au mouillage dans une crique sauvage ou dans un petit port du Finistère. C’est l’heure de la baignade, ou de partir explorer les alentours en zodiac. La baie de Douarnenez est truffée de grottes marines, certains espèrent y voir des sirènes, d’autres sont fascinés d’apprendre l’histoire de ces roches vertes, rouges et violettes, tous en garderont un souvenir fabuleux, surtout lorsque le soleil pointe le bout de son nez et que l’eau prend des couleurs irréelles. C’est marée basse, et si on allait explorer la grève pour trouver quelques algues à mettre dans la marmite? Cryste marine, tomate, maquereaux, ca vous tente? Si on trouve assez de dulse et laitue de mer on pourra faire un tartare d’algues en entrée.

18h30 Certains commencent la popotte, d’autres font un jeu sur le pont, et pour quelques chanceux, c’est l’heure d’aller poser les casiers avec le zodiac. Pour attirer crabes et crevettes dans ces pièges, il faut « boëtter » avec une tête de maquereau. C’est aussi l’heure d’apprendre à piloter le zodiac pour les plus téméraires. Et puis à 3 dans le zodiac, on est loin du groupe, les discussions sont différentes, les confidences jamais très loin. Il faut trouver une pointe rocheuse, sauvage, pas dans le passage des bateaux. Demain matin, deux autres jeunes iront remonter les casiers avec le matelot, et qui sait, peut-être qu’à midi on mangera du homard?

19h00 Les pêcheurs sont au rendez-vous dans la cuisine. Certes les plus jeunes y vont à reculons, mais très vite une ambiance sympa s’installe. On papotte, on apprend des astuces pour couper plus vite une carotte… et puis les cuisiniers ont le droit de passer leur musique! Les générations musicales s’affrontent, les débats commencent, on rigole, et pouf! le repas est prêt!

20h00 A table! La grande table du carré est déployée dans toute sa longueur, on ne peut plus aller de l’avant à l’arrière. Quand on est complet, il y a de l’ambiance! Les maquereaux pêchés sont engloutis, pour la plupart c’est une première de manger le fruit de sa pêche. Et il faut croire que ça plait!

21h00 Le repas est fini, ceux dont c’est le tour de vaisselle s’entraident sur le pont, un qui lave, l’autre qui rince, un dernier qui descend le tout sur l’égouttoir dans la cuisine. D’autres ont relancé l’activité pêche, surtout si on a pas eu assez de maquereaux dans la journée, et qu’on en veut pour le lendemain midi. C’est à la tombée du jour que ça mord le mieux. Mais c’est une technique différente qu’en navigation, là il faut dandiner, c’est à dire qu’il faut en permanence faire bouger le leurre. Faire un beau lancer, ramener la ligne, des dizaines de fois. Quand ca ne mord pas, on peut papoter avec son voisin, on s’apprivoise. La guitare est de sortie, ça swing à l’arrière du bateau. Et quand d’un coup un banc de maquereaux à décidé de venir voir ce qu’il se passe dans le coin, toutes les cannes sortent des poissons. Une sorte de frénésie s’installe, et très vite on arrête les élans des apprentis pêcheurs, sinon on se retrouverait avec 50 maquereaux sur le pont dont on ne saurait que faire.

Il est temps d’organiser un jeu pour les plus jeunes, ou de rester à discuter de choses et d’autres avec les adultes. Si le temps est bon, certains dormiront à la belle étoile sous le regard protecteur de l’étoile polaire. Le bateau dodeline gentiment sur la mer, l’air marin nous a épuisés, le temps de mettre ses bouchons d’oreille et on dort déjà. Demain, on partira en fonction de la météo et de la marée, on ira relever le casier, puis on hissera les voiles tous ensemble. Parés pour de nouvelles aventures!